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Ahmed Tobal (1808 - 1811)

cirta l'antiqueTurc de naissance, il avait passé une grande partie de sa carrière militaire à Qacentina où il s'établit après sa retraite. Héritier d'une situation difficile née des derniers événements tragiques, il eut beaucoup à faire pour redresser la situation financière dangereusement éprouvée par les lapidations de Ahmed Chaouch El Kebaili Bou Tortoura ; Imposer la discipline militaire et combattre les tribus dissidentes.

Selon les ordres du pacha, il s'attaqua tout d'abord à la milice souvent portée à l'insubordination. Plusieurs janissaires payèrent de leur tête. D'autres furent rayés des cadres et bannis sans que nul n'osa protester. L'ordre et la discipline reprirent leur entière rigueur. Mais les rescapés se plaignirent discrètement, au nom de la solidarité de la corporation des janissaires à leurs frères d'Alger. Ceux ci avaient déjà plusieurs motifs de rancoeur contre le pacha, particulièrement celle d'avoir condamné à mort ou à l'exil la plupart des janissaires qui avaient participé à la déroute en juillet dernier (1807) de l'armée algérienne en Tunisie.

En fait, Ahmed Pacha avait agi de la sorte conformément aux règles fondamentales de la corporation des janissaires qui punissaient de mort toute fuite devant l'ennemi. Mais cette mesure avait été très sévère et la saignée provoquée dans les rangs de l'armée trop profonde. Aussi le mécontentement, jusque là enfoui au fond des coeurs, éclata t il violemment quand les plaintes de leurs frères leur parvinrent de Qacentina. Ils virent en ces sanctions généralisées une menace d'extermination si non d'asservissement de leur corporation.

Ils prirent les armes et s'attaquèrent au palais du dey où ils s'emparèrent de Ahmed Pacha qu'ils étranglèrent le 9 novembre 1808.

Le successeur, Ali Khodja dit El Ghessal, succomba, le 7 février suivant, (1809), dans les mêmes conditions parce qu'il tenta, à son tour, de sévir contre les insurgés. Il fut remplacé par Hadj Ali. Celui ci ne pardonna à personne ces actes d'insubordination et de désordre, aussi, fit il supplicier sans pitié tous ceux qui, à un titre quelconque, tentait de porter atteinte à son autorité.

Ahmed Tobal réussit donc, grâce à l'appui de son maître, et à sa politique mêlée de fermeté et de conciliation, à imposer à tous, même aux tribus récalcitrantes, la discipline et l'obéissance désirées. Au bout de deux années d'administration, ses finances lui permirent de présenter au pacha un denouche des plus flatteurs (17 mai 1810). Mais Hadj Ali Pacha, coléreux et sanguinaire, soupçonneux et vindicatif, ne su pas apprécier les services rendus par ses collaborateurs. Après avoir fait décapiter les Juifs Bakri et Ben Duran pour trafic illicite, il fit subir le même sort à tous ceux qui avaient eu des relations commerciales avec eux, soupçonnés de complicité, dont Ahmed Tobal qui leur avait livré, il y avait quelques temps trois chargements de blé.

Mohamed Mâaman Ben Ali lui succéda.

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