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Livre d'Or

Mohammed Ben Ferhat Bey (1588 - 1608)

bab el kantaraIl n'était pas Turc mais une des principales notabilités de Qacentina. Il succéda à Djaâfar Bey rappelé à d'autres fonctions auprès du sultan. De bons rapports existaient avec toutes les tribus, mais les principales d'entre elles ne versaient pas le tribut assigné à chacune dans les délais impartis, ce qui rendait difficile le paiement de la solde de la milice et le recouvrement des frais des expéditions entreprises par le pacha. Celui ci, Kheider Pacha (1589 1592), dès son accession au commandement d'El Djazaïr rappela à ses beys d’user de leur pouvoir pour que le tribut soit verser par tous au Trésor dans les plus brefs délais.

Mohammed Ben Ferhat Bey rappela à ses cheikhs et khalifs cette obligation. Mais certains d'entre eux considéraient l'impôt de « l’ezma » comme une atteinte à leur indépendance ; le payer, c'était reconnaître une vassalité humiliante.

Les Mokrani par exemple, depuis l'époque d'Abdelaziz fils de l'émir Abderrahmane, avaient toujours refusé de payer cet impôt. Lorsque les revers militaires les obligeaient à signer des trêves et à payer les dommages de guerre, ils ne considéraient pas ceux ci comme un tribut permanent de vassalité, seulement le prix de la défaite. Aussi lorsque cet ordre parvint, ils répondirent au bey par une déclaration de guerre. Les troupes beycales n'ayant pas pu venir à bout de leurs adversaires, on fit appel à celles du dey. Celles ci ne furent pas plus décisives. On s'entendit alors pour une trêve. Les Mokrani consentirent à verser une indemnité de guerre, et le pacha admit le maintien de leurs privilèges.

Dès que Kheider Pacha fut remplacé à Alger, ils remirent en question ces accords en dépit de multiples démarches de conciliation de la part du bey. Celui ci finit par envahir leurs territoires. Mais, attisé par les Belkadi, le conflit se généralisa et s'étendit jusqu'aux portes d'Alger. L'agha Mustapha commandant les troupes du pacha fut obligé de faire appel à tous les beys, Il arriva ainsi à arrêter l'extension du soulèvement, mais on continua à braver les troupes turques au bas du Djurjura et aux abords des Bibans. Une trêve fut signée en 1596, mais elle fut rompue par Mostefa Pacha (1596 -1599) dès son accession au pachalik.

Mohamed Ben Ferhat Bey opéra à l'Est ; l'agha Mustapha au Centre contre Ameur Belkadi. Les hostilités ne cessèrent qu'avec le départ de Mostefa Pacha et le retour de Kheider Pacha.

A la même époque (1597), le sultan Mohamed III signait avec le roi de France Henri IV, les capitulations réglant les relations diplomatiques entre les puissances contractantes, ainsi que les garanties à accorder, dans chaque pays, aux ressortissants de l'autre nation. Ces capitulations, reconnaissant des privilèges aux agents et commerçants français résidant dans les possessions turques du Bassin oriental de la Méditerranée, étaient rendues, par une clause spéciale, également applicables à Alger.

Dès que ces clauses furent connues dans la capitale algérienne, le diwan les réfuta comme étant contraires à l'intérêt local et s'opposa à leur application. Kheider Pacha, ordonna à Mohammed Ben Ferhat Bey de détruire le Bastion de France, principal centre des intérêts français. Le sultan le fit remplacer par Mohamed Kouça qui le fit arrêter et étrangler. Les janissaires s'insurgèrent l'obligeant à céder la place à Mostefa Kouça, frère de la victime. A force de persuasion et de "bakchich" le nouveau pacha obtînt l'approbation des dignitaires aux accords d'Istambul, et le bey Mohammed Ben Ferhat fit cesser la démolition du Bastion.

Au cours de l'année 1608, une expédition comptant 14 navires et 2.000 hommes organisés par le Grand Duc de Toscane et commandée par le connétable Piccolomini, débarqua à Annaba. La garnison turque, n'ayant pu endiguer le flot des envahisseurs, se barricada dans la Casbah. Le bey, arrivé le lendemain à la tête de ses troupes, entreprit le siège de la ville. Il fut mortellement blessé. Quelques jours après, l'ennemi reprit la mer emportant au fond de ses cales un important butin dont plusieurs jeunes gens et jeunes filles. Redjeb Ben Hussein, kaïd el askar réoccupa la ville, remit de l'ordre et repartit sur Qacentina où il reçut le nouveau bey Hassan.

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