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Livre d'Or
Mohamed Ben Ferhat Bey (1653 - 1666)

El kantara et la CasbahAu cours de son gouvernement en 1658, Thomas Picquet, ce négociant lyonnais qui, en 1640 avait pris la direction des établissements français en Algérie et qui leur avait assuré une réelle prospérité, mais aussi qui s'était constitué un véritable réseau de renseignements à l'intérieur du pays, se crut subitement exposé aux plus grands dangers parce que les populations avaient manifesté contre ses agents commerciaux souvent indélicats et peu respectueux de leurs engagements.

Il avait eu peur, sans doute qu'on découvrit ces indélicatesses et aussi qu'on mit à jour son activité parallèle. Aussi prit il le parti d'abandonner son poste. Il embarqua sur ses navires tout ce qui lui était précieux y compris une cinquantaine de ses employés algériens destinés au marché des esclaves, mit le feu à ses docks, puis prit le large et débarqua à Livourne le 25 octobre 1658.

Saisi de cette affaire par le pacha, Mohammed Ben Ferhat Bey ouvrit une enquête qui aboutit à des conclusions évidentes sur les activités parallèles des agents français de ce secteur et de Picquet en particulier. De son côté, Louis XIV en fit de même. Convaincu des agissements de ce représentant, le roi fit présenter des excuses au pacha Ibrahim, lui offrit de le dédommager et sollicita la reprise des relations antérieures.

Le Bastion relevé, une fois de plus, de ses ruines, cette fois par les Français, reprit ses activités sous la direction de I. Campon. Quelques années après, le roi exprima le voeu de créer un autre Etablissement à Jijel. Les négociations avec le diwan n'ayant pas abouti, il décida de mettre Alger devant le fait accompli en s'emparant de Jijel.

Les Chevaliers de Malte, les gouvernements Anglais et Hollandais consultés sur leur participation à cette entreprise ayant refusé, il chargea le Duc de Beaufort de mener l'expédition avec les seules forces françaises.

Le 23 juillet 1664, 8.000 hommes débarquèrent sur la côte de Jijel. Alertées, les populations harcelèrent les envahisseurs nuit et jour. Mohammed Ben Ferhat Bey y dépêcha ses troupes qui empêchèrent toute progression de l'ennemi vers l'intérieur du pays. Vinrent ensuite les troupes du pacha munies de leur artillerie qui fit des ravages.

Le 31 octobre, le Duc de Beaufort réembarqua, abandonnant sur le terrain ses morts, son matériel et ses vivres en quantité considérable. Les raïs le poursuivirent en mer et détruisirent une partie de sa flotte dont le vaisseau "La Lune" avec 1.200 hommes à bord.

Le Duc de Beaufort revint l'année suivante le 2 et le 27 mai. Il fit lancer quelques boulets sur Alger et Cherchell où la flotte algérienne perdit cinq navires amarrés au port. Rendu responsable pour n'avoir pas paré à cette attaque, Chaâbane Pacha fut arrêté et mis à mort par la milice (1665). Ses biens furent saisis et versés au Trésor public.

A Qacentina, Mohammed Ben Ferhat Bey, poursuivit sa tâche avec sérénité, guidé par la sagesse de son père. Mais dès que celui ci disparut, la discorde, à l'état latent entre les frères, éclata. Redjeb, ambitieux et avide du pouvoir, le fit assassiner et se fit proclamer bey (octobre 1666)

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