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Hussein Bey dit Zreg Aïnou (1754 - 1756)

pont suspenduIl était Khalifa de Bou Hanek son beau père. En cette qualité il avait participé à toutes ses campagnes. Il fut un bon administrateur. Il réforma toutes les branches du service dont l'ensemble constituait la forme du gouvernement implanté par les Turcs. Il assigna à chaque emploi ses attributions jusqu'alors mal définies. Il rassembla les corps de métiers en corporations ayant chacun à la tête un Amin ou syndic. Il fit établir des règlements stricts fixant les rapports entre propriétaires de terres et leurs métayers ou khammès. Il mit en place des contrôleurs de contributions chargés de surveiller les titulaires de charges tels que les kaïds zraâ, kaïds sof, kaïds el melh, etc.

Comme ses prédécesseurs, il essaya d'administrer son beylik en usant beaucoup plus de diplomatie et d'intrigues que de la force, Mais il fut parfois obligé de faire intervenir ses troupes au fin fond de la province, sans que pour cela les résultats en fussent positifs. Ses tournées effectuées dans le but collecter les impôts et le tribut lui permettaient de régler d'importants problèmes sur les lieux mêmes, mais, ceux ci resurgissaient souvent après son départ, tellement l'autorité, en l'occurrence les garnisons locales, était précaire ; Néanmoins on ne pouvait affirmer que l'agitation empêchait l'action de son gouvernement.

Au début de l'année 1755, Ali Nekcis Bou Sebaâ Pacha décida d'entrer en campagne contre le bey de Tunis. (1) Il chargea Hussein Zreg Aïnou de conduire l'expédition en août 1756 pendant que les enfants de Hossein bey, Mohamed et Ali, subventionnés par lui, entretiendraient l'agitation dans le Sud tunisien.

(1) Baba Ali Nekcis dit Bou Sebaâ qui, avant d'arriver aux honneurs suprêmes, avait déjà rempli de hautes fonctions, et en particulier, avait été envoyé, comme ambassadeur à Tunis. Pendant le séjour qu'il avait fait dans cette Ville, Younes fils d'Ali Pacha, lui avait fait subir un affront qu'il ne lui avait pas pardonné et dont il rendait responsable la famille entière de son insulteur. Il jura d'en tirer vengeance un jour ou l'autre. Son accession au trône de pacha d'Alger lui offrit cette occasion (L. Péchot ouvrage cité).

L'armée algérienne, grossie des partisans de Hossein bey mit le siège devant Tunis, où après une longue résistance, elle entra victorieuse le 31 août. Ali Pacha et son fils Mohamed, faits prisonniers, furent mis à mort. Mohamed, fils aîné de Hosseïn Bey fut intronisé en présence du bey de Qacentina, représentant le dey d'Alger. Les conditions de cette aide devaient être mises en application au lendemain de la victoire. Mais le nouveau promu tergiversa quelques temps pour refuser catégoriquement le respect des conditions initiales (indemnité de guerre versée directement à Zreg Aïnou Bey ; tribut annuel destiné au diwan ; céréales et huile revenant à l'entretien de la milice).

Il se barricada alors au Bardo abandonnant la ville aux Algériens. Ceux ci ne tardèrent pas à s'emparer de la Casbah ; maîtres de la ville entière, ils la livrèrent à un épouvantable pillage qui dura plusieurs jours. Les étrangers et les consulats eux mêmes n'échappèrent pas aux exactions ni aux brutalités de la soldatesque. Zreg Aïnou Bey avait déjà mis le siège du Bardo quand Ali Bey, frère de Mohamed Bey, arriva du Sud en renfort. Les combats reprirent avec autant de violence autour de Tunis et dans les rues de la ville. Mohamed Bey sollicita une trêve qui permit d'ouvrir de nouvelles négociations. Elles aboutirent alors à un accord tel que le voulut Hossein Zreg Aïnou Bey à savoir : le tribut destiné au diwan ; l'indemnité pour le dédommager des pertes subies ; la démolition dés fortifications du Kef.

Cette accord fut scellé entre les deux parties en présence du représentant du sultan venu régler à l'amiable le différend entre les deux Régences.

Peu après son retour à Qacentina, Hussein Zreg Aïnou Bey fut contraint de repartir en expédition contre les Kabyles des Bibans qui s'étaient alliés à ceux du Djurjura pour attaquer les postes militaires de Bordj Boghni et Hamza (Bouira). Cette insurrection avait pris une telle ampleur que le bey du Titteri dut mettre en campagne toutes ses forces, et le pacha une grande partie des siennes et celles du kaïd du Sébaou.

L'apport du Constantinois n'améliora guère la situation. Les insurgés insaisissables dans leurs montagnes occasionnèrent à l'ennemi des pertes considérables. Après plusieurs semaines de guerre sans résultat positif, le pacha fit ouvrir des négociations avec les intéressés pour aboutir à une trêve.

A son retour à Qacentina, Hussein Zreg Aïnou Bey tomba gravement malade, il mourut, dit on, de la peste, en fin 1756.

Il fut remplacé par Ahmed Ben Ali dit El Kolli.

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